Saint DAGOBERT, roi d’Ostrasie ET martyr, fils du Roi d’Ostrasie Saint Sigebert.

Saint Dagobert, roi d’Ostrasie : aux diocèses de Nancy et de Toul avant 1955, Verdun et Strasbourg avant 1960.

« O Dieu, qui avez donné à votre peuple le saint roi Dagobert : nous vous en prions ; grâce aux prières d’un si grand intercesseur, délivrez-nous partout de nos ennemis et accordez-nous la joie de vous louer dans une prospérité tranquille. »

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Sommaire

  Dans le Diocèse de Nancy et de Toul
  Dans le Diocèse de Strasbourg
  Dans le Diocèse de Verdun

Fils du roi saint Sigisbert III, exilé par le maire du palais Grimoald, saint Dagobert II, après avoir séjourné dans une abbaye en Irlande, retrouve ses terres en 674 et établit sa capitale à Stenay (actuel diocèse de Verdun). Il est assassiné le 23 décembre 679 et sera canonisé par un concile d’évêques métropolitains vers 872. L’empereur Charles II le Chauve (+877) fera édifier la basilique saint-Rémy à Stenay pour y déposer le corps du Saint. Il ne reste de cette basilique qu’un portail redécouvert en 1965.

saint-dagobert-et-saint-arbogastSaint Dagobert II soutint saint Arbogast, évêque de Strasbourg et appela l’ermite saint Florent à lui succéder.

Il était fêté dans les diocèses de Nancy et Toul, comme fils de saint Sigisbert (Patron de la Nancy), de Strasbourg pour son soutien de l’Église et de Verdun qui conservait ses reliques et dans lequel il avait établi sa capitale à Stenay.

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C’est de sa descendance (Sigisbert IV et alii) que naîtront toutes les légendes sur la dynastie mérovingienne.

Histoire :

S’il était un état qui pût prétendre faire exception à la vocation générale de tous les  chrétiens de parvenir à la sainteté, ce serait sans doute le premier état de la société, celui des monarques de la terre. Nulle part on ne rencontre des obstacles plus puissants, nulle part les distractions ne sont plus nombreuses, et nulle part le cœur de l’homme n’est plus en proie à mille agitations diverses. Mais la grâce de Dieu, plus forte que tous les obstacles de ce monde, prodigue les richesses de sa puissance dans le cœur de ceux-là même qu’environnent les pompes de la terre, le faste et l’opulence des grandeurs. L’illustre saint Dagobert va nous en fournir une preuve éclatante.

Dagobert II, un des plus grands monarques d’Austrasie, était fils du roi saint Sigisbert et de la reine Himnehilde. Des la plus tendre enfance il perdit son père, auquel il succéda d’abord sans aucune contradiction; mais à peine eut-il essayé d’occuper le trône, qu’il en fut précipité par la trahison de Grimoald, fils du bienheureux Pépin de Landen et maire du palais du roi Sigebert. Ce dernier monarque avait cru pouvoir confier l’éducation de son fils à ce seigneur, espérant que les bienfaits dont il l’avait comblé seraient un motif suffisant pour l’attacher à son enfant; mais il ignorait que l’ambition efface le souvenir des bienfaits reçus, et que l’ingratitude la suit de près; car ce ministre, que les intrigues et les cabales avaient rendu tout-puissant, gagna en peu de temps une partie des officiers de l’armée et prétendant que Sigebert, n’ayant point encore d’enfant, avait promis le trône à son fils Childebert, il porta par des promesses les seigneurs de la cour à reconnaître ce dernier pour leur roi; ainsi, après avoir fait raser le jeune Dagobert comme pour le dévouer à l’Eglise, il l’envoya en Irlande, où ce prince fut obligé de vivre longtemps ignoré. Didon, évêque de Poitiers et parent de Dagobert, eut la lâcheté de se prêter à une manœuvre si odieuse et de conduire lui-même le jeune prince dans son exil.

Mais le ciel veilla sur cet enfant et lui donna un père dans la personne de saint Wilfrid, évêque d’York, qui le fit élever selon les préceptes de l’Évangile.

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Dagobert acquit dans son exil les qualités nécessaires pour gouverner un jour avec sagesse. Cet exil fut une bonne école pour lui; il y apprit à mépriser l’éclat d’un trône périssable pour s’occuper de l’éternité. A mesure qu’il avançait en âge, il étudia les préceptes de notre sainte religion, et fit de l’Évangile le sujet de ses fréquentes méditations. Il connut de la sorte en quoi consiste la véritable grandeur, et ces considérations le portèrent à marcher avec courage dans le sentier de la vertu. «Heureux, se dit-il, le prince qui, avant de commander aux autres, sait se gouverner soi-même et exercer sur son propre cœur un empire sévère. Et à quoi lui servirait-il de se faire obéir par des milliers de sujets, s’il était lui-même un esclave de ses passions, si ses mauvais penchants le dominaient ? Et quel avantage lui reviendrait-il de voir son nom célèbre dans l’histoire des rois et des conquérants de la terre, si le Père céleste l’effaçait du livre de l’immortalité ?»

Telles étaient les graves pensées qui occupaient le jeune monarque sur la terre du malheur. S’il soupirait, comme autrefois les Israélites, après le moment de retourner dans une patrie chérie, ce n’était point pour y briller sur un trône éclatant et y recevoir les hommages de ses sujets; c’était dans le désir d’y travailler au bien de son peuple, d’y faire fleurir la religion et d’y gouverner en roi chrétien. Il appréciait trop bien le poids d’une couronne, pour ambitionner de la porter sans remplir les devoirs que lui imposait la royauté. Sa tendresse pour ses peuples se réveilla surtout lorsqu’il apprit ce que le beau pays de France souffrait par les vexations et les abus de quelques grands, qui, sous prétexte du bien public, déchiraient le sein de leur patrie et ne cherchaient qu’à assouvir leurs haines personnelles et à satisfaire leur ambition. Plus d’une fois il fut sur le point d’abandonner la terre hospitalière et de retourner dans sa patrie, pour annoncer aux peuples qu’il vivait encore et faire valoir ses droits mais alors, modérant sa noble ardeur, il renonça à son projet, en attendant que la Providence lui fournît l’occasion d’aller reconquérir l’héritage de ses pères, et il se contenta d’adresser au ciel des vœux pour sa patrie.

A peine ce jeune prince eut-il disparu, qu’on répandit partout le bruit de sa mort.

Grimoald poussa l’infamie au point de lui faire faire de magnifiques funérailles, afin de tromper plus sûrement les peuples et de couvrir par là l’odieux de son usurpation car il fit presque aussitôt proclamer roi son propre fils, prétendant que Sigebert l’avait adopté. Les peuples furent trompés et ne reconnurent point cette indigne supercherie mais la reine Himnehilde protesta contre cette infâme trahison, et ne pouvant, dans le moment même, instruire les peuples de la vérité, elle prit le ciel à témoin qu’elle n’entendait nullement voir les siens exclus du trône, et se réfugia à Paris auprès de Clovis II, son beau-frère. Les grands d’Austrasie ne furent pas longtemps sans revenir de leur enthousiasme pour l’usurpateur. Car les violences de Grimoald aliénèrent petit à petit les esprits, et après un règne de sept mois, ils détrônèrent Childebert, et placèrent sur le trône Clovis II, frère de Sigebert, qui réunit ainsi tout le royaume de France sous son sceptre mais celui-ci mourut en 656, et laissa la monarchie à Clotaire III, son fils aîné, qui avait à peine cinq ans. Clotaire III posséda l’Austrasie jusqu’en 660, époque à laquelle elle fut donnée a Childéric, le second des fils de Clovis, lequel gouverna ce royaume sous la régence de Himnehilde et épousa sa fille, sœur de Dagobert.

Ce jeune prince continuait à vivre inconnu dans son exil, attendant que le ciel se déclarât enfin en sa faveur. Il épousa, par l’entremise de saint Wilfrid, une princesse saxonne, dont il eut un fils qu’il nomma Sigebert, et quatre filles, Irmine, Adèle, Rathilde et Ragnétrude.

Pendant que Dagobert s’appliquait à donner une éducation chrétienne à ses enfants, quelques seigneurs austrasiens, attachés à Himnehilde et pleins de vénération pour la mémoire de Sigebert, songèrent à le rappeler. Ils écrivirent à cet effet à saint Wilfrid et le prièrent de leur renvoyer leur roi légitime, pour le placer sur le trône de son père. Le saint prélat ramassa dans le pays une forte somme d’argent et engagea les princes anglais à lui donner du secours pour repasser en Austrasie. Dagobert partit aussitôt, mais ne put d’abord reconquérir ses droits alors Himnehilde demanda à Childéric l’Alsace et quelques cantons situés au-delà du Rhin, où Dagobert vint régner plutôt comme lieutenant de Childéric que comme véritable souverain. Ce dernier ayant été assassiné en 673, Dagobert recouvra tout le royaume d’Austrasie.

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Carte d’Europe à l’époque du Saint Roi Dagobert d’Ostrasie

Les peuples avaient enfin entendu parler des vertus que ce prince avait pratiquées dans une terre étrangère; ils s’attendaient à un règne heureux, et ils ne furent point trompés dans leur espoir. Jamais monarque ne veilla avec plus de soins sur les intérêts de ses sujets. Il leur rendit dans toutes les occasions une rigoureuse justice, et se fit chérir par la douceur de son gouvernement. La piété était le fondement de ses vertus et l’âme de toutes ses entreprises. On voyait se réaliser en lui ce que l’Apôtre avait dit autrefois «que la piété était utile, surtout que non seulement elle promettait des récompenses dans ce monde à ceux qui mettent en pratique ce qu’elle enseigne; mais qu’elle leur assure encore des dons bien plus grands au-delà du tombeau». La vie de Dagobert est une réponse énergique et irréfragable à ces détracteurs de la religion, qui osent prétendre que la vraie piété rétrécit le génie, énerve le courage et empêche l’homme de concevoir et d’exécuter rien de grand. Qu’on interroge l’histoire, qu’on examine les faits, et on verra ce prince lutter avec avantage contre la barbarie de son siècle, s’efforcer à effacer jusqu’aux dernières traces de la fureur destructrice des Vandales et des Huns, qui avaient fait des plus belles provinces un affreux désert. Dagobert, persuadé que la religion pouvait seule adoucir le sort des peuples et guérir les plaies profondes que deux invasions de barbares avaient faites partout, appela à son secours la puissance bienfaisante de cette religion et arrêta par elle le cours des maux publics. Non content de remplir avec une exactitude scrupuleuse les devoirs que le christianisme lui imposait, il chercha encore à faire participer ses peuples à l’influence salutaire des grâces qu’il procure, en fondant diverses maisons religieuses. C’est à sa générosité que les monastères de Surbourg, de Haslach et de Saint-Sigismond durent leur existence. Il trouva dans une sage administration des revenus de l’État les moyens d’enrichir ses provinces d’établissements aussi importants qu’utiles à cette époque. Son palais offrait toute la régularité d’un monastère; il était ouvert au dernier des sujets, qui pouvait en toute liberté aborder son roi et lui exposer sa situation. Jamais le pieux prince n’écouta les suggestions des flatteurs il bannit de sa cour, ces hommes fourbes et scélérats, qui se jouent si indignement de la confiance des monarques et les trompent. Il aimait la vérité et la disait de même avec une franchise vraiment royale.

C’est à son zèle pour la religion que le diocèse de Strasbourg fut redevable de deux de ses plus illustres pontifes, saint Arbogaste et saint Florent, qui jouirent de sa plus intime confiance. Le premier de ces prélats obtint pour sa cathédrale le domaine de Rouffach et le château d’Issenbourg, en reconnaissance de l’insigne bienfait que le Seigneur avait accordé à Dagobert en lui rendant un fils chéri, blessé à mort par une chute de cheval.

0721arboSaint Arbogast rend la vie au fils du roi saint Dagobert II

Schadée rapporte que Dagobert fit en outre à la même église de magnifiques présents, consistant en plusieurs reliquaires, un calice d’or et un livre d’Évangiles garni d’or et de pierres précieuses. Réunissant ainsi toutes les vertus chrétiennes et royales, le monarque d’Austrasie était grand devant Dieu et devant les hommes, et cette grandeur, il la devait tout entière à la religion ; loin d’en rougir, il s’en faisait même une gloire. Il menait une vie fort austère et pratiquait rigoureusement les jeûnes prescrits par l’Église. Sa table prêchait toujours la sobriété, même aux étrangers ; il aimait mieux répandre en aumônes ses sommes qu’il aurait pu dépenser en repas somptueux et en mets délicats.

Dagobert avait pris l’habitude de s’approcher souvent de la divine Eucharistie. Il se préparait toujours avec une admirable ferveur à la réception de cet auguste sacrement. Le Seigneur le comblait chaque fois de grâces particulières de là ses progrès dans la perfection.

L’Eucharistie a toujours fait et fait encore de nos jours les délices des Saints elle les a fortifiés dans leur faiblesse, et est devenue pour eux une source de consolations dans cette vallée de larmes.

Pendant que Dagobert donnait à son royaume l’exemple des plus hautes vertus, il eut la consolation de voir en Alsace le bienfaiteur auquel il devait tout. Saint Wilfrid, devenu à son tour l’objet des persécutions de ses ennemis, quitta son diocèse pour aller à Rome chercher auprès du Saint-Siège quelques secours contre des agressions injustes. Dagobert, désirant s’attacher un homme d’un si grand mérite et lui témoigner en même temps sa vive reconnaissance des bons offices qu’il en avait reçus, lui offrit l’évêché de Strasbourg, qui venait de vaquer par la mort de saint Arbogaste mais Wilfrid était trop attaché à son troupeau pour l’abandonner si facilement; il savait que les persécutions sont le propre des disciples d’un Dieu mort sur la croix, et loin d’abattre son courage, elles ne faisaient que l’augmenter. Il refusa donc l’offre du monarque austrasien, et continua sa route vers Rome.

Pour montrer son humble confiance en la sainte Vierge, Dagobert se voua lui-même comme serf de la cathédrale de Strasbourg. Son exemple porta la plupart des seigneurs de sa cour à l’imiter. Ces seigneurs, malgré leur titre de serfs, conservaient cependant toujours leur liberté. Lorsque l’évêque pouvait les convaincre de félonie ou d’avoir trahi les intérêts de son église, soit par conseils, soit de fait, ils étaient condamnés à une forte amende. La consécration des serfs de l’église de Strasbourg se renouvelait tous les ans, le 27 février.

Dagobert avait perdu dans son enfance le trône de ses pères par l’ambition d’un maire du palais; il va perdre la vie par les intrigues d’un autre. Ebroïn, homme cruel et sanguinaire, le même qui a trempé ses mains dans le sang de saint Léger, évêque d’Autun, abusait alors de la confiance de Thierry III et cherchait à démembrer le royaume d’Austrasie, pour augmenter sa domination et diminuer celle de Dagobert. Ce dernier, après avoir appris la conduite d’Ebroïn, s’adressa à Thierry et lui exposa ses sujets de plainte contre les entreprises injustes de cet ambitieux maire dupalais. Pour mettre de son côté toute la justice, Dagobert fixa un délai, dans lequel on devait lui restituer les provinces qu’on avait détachées de l’Austrasie; mais ce délai expiré, Thierry ne se mit nullement en peine de satisfaire à la demande de Dagobert. Quoique ce pieux prince sût que le plus grand fléau par lequel le Seigneur puisse punir un empire, c’est de lui envoyer la guerre, il crut cependant devoir la déclarer à Thierry, afin de se maintenir dans la possession de ses États et obtenir en même temps la restitution des provinces que Thierry retenait si injustement. Dagobert recommanda toute cette affaire à Dieu, et le prit à témoin de la pureté de ses intentions. Il convoqua les grands de son royaume et les instruisit des motifs qui avaient dicté sa résolution. Tous furent d’avis de repousser par les armes les prétentions de Thierry et de lui arracher par la force les provinces qu’il ne voulait pas céder au bon droit.

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Dagobert se prépara à la guerre en roi chrétien. Pendant que l’armée s’assemblait avec ses chefs, le pieux roi, couvert d’un rude cilice, pratiquait des jeûnes et des austérités, afin de se rendre le ciel propice. Mettant ensuite toute sa confiance en Dieu, il s’avança à la tête de son armée. A l’exemple de David, il pouvait dire : «Ceux-là espèrent dans le nombre de leurs chars et la vitesse de leurs coursiers; mais nous autres, nous invoquerons le nom du Seigneur notre Dieu». Cette armée, qui était animée des mêmes sentiments que son roi, se faisait remarquer par la sévérité de sa discipline. Ce n’était point un corps que rassemblait l’espoir d’un riche butin; il ne s’était armé que pour soutenir les droits légitimes de son prince. Les deux armées, arrivée sur les frontières de la Lorraine et de la Champagne, attendaient d’un moment à l’autre le signal du combat. Dagobert s’y préparait de nouveau par une prière fervente, lorsqu’il vit l’arrivée dans son camp des envoyés qui l’invitèrent à une conférence, afin, disait-on, de terminer cette querelle amicalement et empêcher par là l’effusion du sang français. Le sage monarque témoigna aux envoyés combien il se félicitait de pouvoir finir cette affaire d’une manière également honorable et chrétienne, et après avoir donné ses ordres aux chefs de l’armée, il partit avec les envoyés, sans escorte; se confiant à l’honneur de ces guerriers, il traversa avec eux la forêt de Woëvre, pour se rendre au lieu désigné. Mais faut-il donc que les Saints deviennent victimes de la perfidie d’un lâche scélérat ? A peine Dagobert était-il assez enfoncé dans la forêt pour ne plus être vu des siens, qu’il tomba dans une embuscade que lui avait dressée Ebroïn, et fut impitoyablement massacré par la main de Grimoald son filleul, le 23 décembre de l’an 679.

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Le martyre de Saint Dagobert

C’est ainsi qu’un prince magnanime, qui avait fait le bonheur de ses sujets, termina sa carrière, lâchement assassiné par un vil mercenaire, au moment où, sans gardes, il s’était transporté, sur la foi jurée, au lieu où devait se terminer cette querelle.

On chercha d’abord à cacher cette mort, afin d’en dérober la honte, qui rejaillissait sur Thierry et ses conseillers criminels. Mais lorsque l’armée de Dagobert l’eut apprise, elle entra dans une fureur extraordinaire et voulut à l’instant même venger son chef malheureux. Les officiers eurent de la peine à réprimer ce noble courroux; mais ils exposèrent que ce prince étant victime d’une infâme trahison, il jouissait déjà au ciel du fruit de ses vertus, et qu’il ne fallait pas conséquemment ensanglanter la victoire qu’il venait de remporter; que d’ailleurs la religion que le roi avait professée avec tant de courage, défendait une effusion de sang qui n’aboutissait à aucun avantage. Ces considérations calmèrent l’effervescence des soldats; les cris de fureur et les plaintes firent place à l’admiration. Chacun se plaisait à raconter les belles qualités d’un prince digne d’un meilleur sort, et à faire l’éloge de ses vertus. La voix publique plaça Dagobert au nombre des Saints, et le genre de sa mort le fit regarder comme martyr.

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Fontaine Saint Dagobert

CULTE ET RELIQUES :

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Crâne de Saint Dagobert (Mons)

Saint Ouen, archevêque de Rouen, obtint avec peine le corps du saint monarque et le fit transporter dans son église. Il fut transféré plus tard dans l’église de Saint-Remi de Stenay qui prit bientôt son nom. Il y attira les fidèles qui venaient de l’Austrasie et de la Belgique implorer la protection de leur monarque bien-aimé.

(Une tradition locale rapporte qu’en 872, un enfant découvre dans l’intérieur de l’autel de l’église Saint-Rémi de Stenay (Meuse) l’épigramme funéraire du roi Dagobert. Le roi Charles II le Chauve est informé de cette trouvaille. Il fait alors lever de terre le corps se trouvant près de l’inscription et l’expose à la vénération des fidèles sur l’autel de l’oratoire du palais de Douzy).

Le 10 septembre 872, en présence du roi, Hincmar de Reims, Bernard de Verdun et d’autres évêques procèdent à la canonisation de Dagobert. L’église de Stenay est rebaptisée « église Saint-Dagobert »; mais, en 1591, les Huguenots pillèrent l’église de Stenay, et enlevèrent sa châsse d’argent, ornée de fleurs de lis d’or.

Il est fait mention de Dagobert dans l’ancien martyrologe gothique de la cathédrale de Verdun, et dans l’ancien qui se trouve à la tête du psautier de la reine Emma, épouse de Lothaire; son nom se lit même dans le martyrologue d’Adon. Il parait qu’on en faisait autrefois la fête dans l’abbaye de Haslach, car l’abbé Louis, dans sa Vie de saint Florent, nous parle d’un ancien manuscrit, conservé de son temps dans les archives de ce Chapitre, et qui contenait un abrégé de la vie de saint Dagobert, dans la forme des leçons qu’on récite à l’office des Matines.

On célébrait aussi à Stenay le jour de sa translation, fixé au 2 septembre. Cette fête attirait toujours un concours immense de peuple, et plusieurs prélats des villes voisines s’y rendaient tous les ans pour recommander leur troupeau au bienheureux roi, qui était le patron de plusieurs provinces.

tiré de : Les Petits Bollandistes; Vies des saints tome 14

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die 23 decembris le 23 décembre
SANCTI DAGOBERT II SAINT DAGOBERT II
Reg. et Mart. Roi et Martyr
In Diœcesi Nanceiensi et Tullensi Dans le Diocèse de Nancy et de Toul
duplex double
Missa In virtúte, de Communi unius Martyris 3 loco, cum orationibus ut infra : Messe In virtúte, du Commun d’un Martyr 3, avec les oraisons ci-dessous :
Oratio. Collecte
Deus, qui pópulo tuo sanctum dedísti rectórem Dagobértum : concéde, quǽsumus ; ut, tanti intercessóris précibus et tuæ pietátis defensióne, ab ómnibus ubíque libéremur adversis, et tranquílla prosperitáte in tua laude lætémur. Per Dóminum. O Dieu, qui avez donné à votre peuple le saint roi Dagobert : nous vous en prions ; grâce aux prières d’un si grand intercesseur, délivrez-nous partout de nos ennemis et accordez-nous la joie de vous louer dans une prospérité tranquille.
Secreta Secrète
Múnera, quǽsumus, Dómine, obláta sanctífica : ut, intercessióne beáti Dagobérti, Regis et Mártyris tui, nobis regni cæléstis prǽparent mansiónem. Per Dóminum. Seigneur, nous vous en prions, sanctifiez nos offrandes : que par l’intercession du bienheureux Roi Dagobert, votre martyr, elles nous préparent une demeure dans le royaume céleste.
Postcommunio Postcommunion
Concede, quǽsumus, omnípotens Deus : ut quos culpæ miséria fecit hic éxsules ; beáti Dágoberti, Regis et Mártyris tui, intercéssio gloriósa regni cæléstis fáciat esse coherédes. Per Dóminum. Accordez-nous, nous vous en supplions, Dieu tout-puissant : que la glorieuse intercession du bienheureux Roi Dagobert, votre martyr, fasse cohéritiers du royaume céleste ceux que le malheur du péché retient ici en exil.
In Diœcesi Argentoratensi Dans le Diocèse de Strasbourg
duplex double
Missa ut supra. Messe comme à Nancy.
In Diœcesi Virdunensi Dans le Diocèse de Verdun
semiduplex semidouble
Missa ut supra. Messe comme à Nancy.
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