Saint CANUT, roi et martyr (19 janvier)

19 janvier : St Canut, roi et martyr :

Saint Canut IV (ou Knut), roi de Danemark, martyr. 1086.

Pape : Saint Victor III. Roi d’Ecosse : Malcolm III. Roi d’Angleterre : Guillaume Ier le Conquérant. Roi de France : Philippe Ier. Empereur du Saint-Empire : Henri IV.

 » Il a imité la passion du Seigneur : marchons sur ses traces. »
Brev. rom.

« Le Soleil de justice s’était déjà levé sur votre contrée, ô saint Roi, et tout votre bonheur était de voir ses rayons illuminer votre peuple. Comme les Mages de l’Orient, vous aimiez à déposer votre couronne aux pieds de l’Emmanuel ; et, un jour, vous avez offert jusqu’à votre vie pour son service et pour celui de son Église. »

« Depuis longtemps, le Danemark a oublié la vraie foi ; priez, afin qu’il la recouvre bientôt. Obtenez pour les princes qui gouvernent les Etats chrétiens, la fidélité à leurs devoirs, le zèle de la justice, et le respect de la liberté de l’Église. » Dom Guéranger, l’année liturgique

odense-kanut3Blason de la ville d’Odense où mourut le saint roi martyr Knut IV.

saint-canutMartyr du roi Saint Kanut ou Knut

Les Rois Mages, comme nous l’avons dit, ont été suivis, à la crèche du Sauveur, par les saints Rois chrétiens ; il est juste que ceux-ci soient représentés sur le Cycle, dans cette saison consacrée au mystère de sa Naissance. Parmi les saints Rois que donna en si grand nombre à l’Église et à la société européenne le onzième siècle, si fécond en toutes sortes de merveilles catholiques, Canut IV, sur le trône de Danemark, se distingue entre les autres par l’auréole du martyre. Propagateur zélé de la foi du Christ, législateur habile, guerrier intrépide, pieux et aumônier, il eut tous les genres de gloire d’un prince chrétien. Son zèle pour l’Église, dont les droits alors étaient en même temps ceux des peuples, fut le prétexte de sa mort violente ; et il expira, dans une sédition, avec le caractère sublime d’une victime immolée pour sa nation.

Son offrande au Roi nouveau-né fut l’offrande du sang ; et il échangea la couronne périssable pour cette autre couronne dont l’Église orne le front de ses martyrs, et qui ne se fane jamais. Les annales du Danemark, au onzième siècle, sont peu familières à la plupart des habitants de la terre ; mais l’honneur qu’a eu cette contrée de posséder un Roi martyr est connu dans toute l’étendue de l’Église, et l’Église habite le monde entier. Cette puissance de l’Épouse de Jésus-Christ pour honorer le nom et les mérites des serviteurs et des amis de Dieu, est un des plus grands spectacles qui soient sous le ciel ; car les noms qu’elle proclame deviennent immortels chez les hommes, qu’ils aient été portés par des rois, ou qu’ils n’aient servi qu’à distinguer les derniers de ses enfants.

Saint Canut était fils naturel de Suénon II, dont le grand-oncle nommé aussi Canut, avait régné en Angleterre. Suénon, qui n’avait pas d’enfant légitimes, prit un soin particulier de l’éducation du jeune Canut qui alliait de belles qualités d’âme à celles du corps. Suénon le mit sous la conduite de maîtres habiles qui remarquèrent bientôt une profonde piété qui relevait ses autres qualités.

Dès qu’il fut en âge de commander les armées, il le fit avec supériorité et assurance. Ses premiers coups d’essais furent de purger les mers des pirates qui désolaient les côtes de Danemark et de soumettre les peuples qui s’adonnaient à ces forfaits.

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A la mort de Suénon en 1074, plusieurs Danois voulurent placer notre saint sur le trône (le trône en Danemark a presque toujours été électif jusqu’en 1660), mais, par crainte de son esprit guerrier, ils lui préférèrent l’un de ses frères Harald (Suénon II eut treize fils naturels), septième du nom, bientôt surnommé le fainéant, et qui régna jusqu’en 1080.Saint Canut s’était retiré en Norvège auprès du roi Halstan qui l’avait reçu avec de vives démonstrations d’estime. Ce roi engagea souvent saint Canut à prendre les armes contre son jeune frère, mais notre saint s’y refusa toujours avec constance. Il chercha toujours, depuis la Norvège, à se rendre utile à sa patrie. Cette attitude résolue et sans faiblesse lui gagna le coeur des Danois qui l’élirent à la mort d’Harald VII en 1080.

Le début de son règne fut marqué par de très retentissants succès militaires sur les Sembes, les Estons et les Curètes qui ravageaient régulièrement ses Etats et que la molesse honteuse d’Harald n’avait pas su arrêtés. Il fit porter avec détermination les lumières de la foi à tous les peuples qui ne la connaissaient pas encore, en particulier en Courlande, en Samogitie et en Livonie.

Les succès ne l’enorgueillissaient pas et il déposait toujours sa couronne aux pieds du Roi des Rois, Notre Seigneur Jésus-Christ en lui faisant offrande de sa personne et de son royaume. Il s’unit avec Adélaïde, fille de Robert comte de Flandres. De cette union naquit Charles, surnommé plus tard dans sa maturité Le Bon.

Il eut à connaître des abus qui s’étaient développés dans son royaume et les corrigea avec une extrême sévérité et en prenant toujours le parti du faible contre le puissant. Il édicta des lois très sévères (et les fit appliquer) pour réduire toutes sortes de crimes auxquels s’adonnaient ses peuples, enclins il est vrai à une extrême violence.

L’Angleterre étant passée sous le contrôle de Guillaume le Conquérant en 1066, saint Canut n’en fit pas moins valoir ses droits sur l’île. Hélas, toutes les opérations qu’il monta échouèrent par défaut d’allié. Une dernière opération échoua par la faute de son frère Olas, duc de Schleswig, qui tergiversant et retardant la mise en route, provoqua la désertion quasi-complète des troupes. A cette occasion, au plan intérieur, le saint roi voulut instaurer la dîme ecclésiastique. Il décréta qu’en cas de désertion, les Danois paieraient soit la dîme soit une forte taxe. Par détestation de la dîme, les Danois préférèrent s’acquitter de fortes taxes.

Saint Canut en fut mortifié et exigea dans le recouvrement de la taxe une grande fermeté en espérant ainsi que ses sujets reviendraient sur leur choix. Le recouvrement de la taxe donna lieu bientôt à une mutinerie importante, emmenée par deux gouverneurs de la province de Wensyssel. Le roi, instruit de l’approche des révoltés, engagea la reine et ses enfants à se retirer auprès de son beau-père et alla avec un corps de troupes important dans l’île de Fionie et plus exactement dans la ville d’Odensée, capitale de l’île.

Bientôt, les mutins ne voulant pas affronter un prince dont ils connaissaient les qualités de commandement et la qualité de ses troupes, lui envoyèrent une ambassade qui fit serment que tout les révoltés cessaient le combat et qu’ils rentraient dans les résolutions du roi. Saint Canut crut ces protestations, malgré les avertissements de son frère Benoît qui avait éventé la fourberie de cette ambassade. Quelques temps plus tard, alors que le roi avait relâché sa vigilance et que ses troupes étaient éparses, il apprit que l’armée des mutins marchait vers Odensée pour l’y surprendre.

Selon la coutume, il alla à l’église Saint-Alban pour entendre la messe, communier et faire ses dévotions pour se préparer au combat. Pendant que son frère Benoît faisait des prodiges aux portes de l’église pour en défendre l’accès, une pierre vint atteindre le front de saint Canut.

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La cathédrale Saint-Canut à Odensée. Royaume de Danemark.
Comme les révoltés ne pouvaient entrer dans l’église, défendue par un Benoît, frère du roi, assisté par saint Michel, le chef des forcenés demanda à rencontrer le roi afin de négocier des conditions de paix. Canut ordonna qu’on le laissât entrer. Le traître, Egwind Blancon, se baissa profondément devant le roi et se releva brutalement et poignarda saint Canut.
L’assassin monta sur l’autel pour s’enfuir par la fenêtre du choeur mais Palmar, un des principaux officiers du roi, le trancha en deux de sorte que la moitié du corps d’Egwind tomba dehors et l’autre resta dans l’église. Ce spectacle ranima la fureur des mutins qui massacrèrent le reste de la troupe après une résistance héroïque. Outre saint Canut qui fut achevé d’un lancer de javelot alors qu’il recommandait son âme à Dieu à l’autel, Benoît fut tué ainsi que dix-sept autres vaillants soldats.
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Dieu vengea la mort de son serviteur en affligeant le Danemark d’une famine qui dura les huit années du règne suivant (celui d’Olas II, le même qui avait fait échouer l’opération en Angleterre à l’origine de l’établissement de la dîme ecclésiastique).

A l’issue de ce règne funeste, Eric III, prince religieux, déplaça les restes de saint Canut pour les mettre dans un lieu plus digne et envoya une ambassade à Rome afin de représenter au Souverain Pontife la sainteté de notre saint.

La chasse des reliques de saint Canut fut magnifiquement ornée et on y lit l’inscription suivante :
 » L’an de Jésus-Christ 1086, dans la ville d’Odensée, le glorieux roi Canut, trahi, comme Jésus-Christ, à cause de son zèle pour la religion, et de son amour pour la justice, par Blancon [Edwig], l’un de ceux qui mangeaient à sa table, après s’être confessé, et avoir participé au sacrifice du corps du Seigneur, eut le côté percé, et tomba contre terre devant l’autel, les bras étendu en croix. Il mourut pour la gloire de Jésus-Christ, et reposa en lui le vendredi 7 juin, dans la basilique de Saint-Alban, martyr, dont quelques temps auparavant il avait apporté des reliques d’Angleterre en Danemark. »

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Saint Canut a un office particulier dans le bréviaire romain, le 19 janvier.
Ses attributs sont les flèches et la lance, instruments de son supplice.
PRIERE

 » Le Soleil de justice s’était déjà levé sur votre contrée, Ô saint Roi, et tout votre bonheur était de voir ses rayons illuminer votre peuple. Comme les Mages de l’Orient, vous aimiez à déposer votre couronne aux pieds de l’Emmanuel; et, un jour, vous avez offert jusqu’à votre vie pour son service et pour celui de son Eglise. Mais votre peuple n’était pas digne de vous ; il répandit votre sang, comme l’ingrat Israël versera le sang du Juste qui nous est né, et dont nous honorons, en ces jours, l’aimable enfance. Cette mort violente que vous avez rendue profitable à votre peuple, en l’offrant pour ses péchés, offrez-la encore pour le royaume que vous avez illustré.Depuis longtemps, le Danemark a oublié la vraie foi ; priez, afin qu’il la recouvre bientôt. Obtenez pour les princes qui gouvernent les Etats chrétiens, la fidélité à leurs devoirs, le zèle de la justice, et le respect de la liberté de l’Eglise. Demandez aussi pour nous au divin Enfant le dévouement dont vous étiez animé pour sa gloire ; et si nous n’avons pas, comme vous, une couronne à mettre à ses pieds, aidez-nous à lui soumettre nos cœurs. »

Sommaire

  Textes de la Messe
  Office
  Dom Guéranger, l’Année Liturgique

St Canut ou Knut IV, martyr le 10 juillet 1086. Son nom est inscrit ce jour par confusion avec celui de son petit fils, St Canut de Slesvig, martyrisé le 7 janvier. Fête en 1670.

Textes de la Messe

eodem die 19 ianuarii ce même 19 janvier
S. Canuti St Canut
Regis, Mart. Roi, Martyr
Commemoratio Commémoraison
Missa In virtúte, de Communi unius Martyris 3 loco, cum orationibus ut infra : Messe In virtúte, du Commun d’un Martyr 3, avec les oraisons ci-dessous :
Oratio Collecte
Deus, qui ad illustrándam Ecclésiam tuam beátum Canútum regem martýrii palma et gloriósis miráculis decoráre dignátus es : concéde propítius ; ut, sicut ipse Domínicæ passiónis imitátor fuit, ita nos, per eius vestígia gradiéntes, ad gáudia sempitérna perveníre mereámur. Per eúndem Dóminum. O Dieu, qui pour la gloire de votre Église, avez daigné illustrer le bienheureux roi Canut par la palme du martyre et par d’éclatants miracles, faites, dans votre bonté, que, comme il a lui-même imité la passion du Seigneur, nous aussi, marchant sur ses traces, nous méritions de parvenir aux joies éternelles.
Secreta Secrète
Accépta sit in conspéctu tuo, Dómine, nostra devótio : et eius nobis fiat supplicatióne salutáris, pro cuius sollemnitáte defértur. Per Dóminum nostrum. Qu’elle soit agréée en votre présence, Seigneur, l’offrande de notre piété ; et faites qu’ell î nous devienne salutaire par lés prières de celui en la fête duquel nous vous la présentons.
Postcommunio Postcommunion
Refécti participatióne múneris sacri, quǽsumus, Dómine, Deus noster : ut, cuius exséquimur cultum, intercedénte beáto Canúuto Mártyre tuo, sentiámus efféctum. Per Dóminum. Nourris par la participation du don sacré, nous vous supplions, Seigneur notre Dieu, de faire que, le bienheureux Canut votre Martyr intercédant pour nous, nous ressentions l’effet du mystère que nous célébrons.

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Office

St Canut étant seulement commémoré le jour de la fête des Sts Marius, Marthe, Audifax et Abachus, elle même célébrée sous le rite ‘Simplex’ (c’est-à-dire avec une seule leçon), le saint Danois n’a pas de leçon propre au bréviaire avant 1955.

On se reportera à d’anciennes leçons données par Dom Guéranger plus bas.

Dom Guéranger, l’Année Liturgique

Les Rois Mages, comme nous l’avons dit, ont été suivis, à la crèche du Sauveur, par les saints Rois chrétiens ; il est juste que ceux-ci soient représentés sur le Cycle, dans cette saison consacrée au mystère de sa Naissance. Parmi les saints Rois que donna en si grand nombre à l’Église et à la société européenne le onzième siècle, si fécond en toutes sortes de merveilles catholiques, Canut IV, sur le trône de Danemark, se distingue entre les autres par l’auréole du martyre. Propagateur zélé de la foi du Christ, législateur habile, guerrier intrépide, pieux et aumônier, il eut tous les genres de gloire d’un prince chrétien. Son zèle pour l’Église, dont les droits alors étaient en même temps ceux des peuples, fut le prétexte de sa mort violente ; et il expira, dans une sédition, avec le caractère sublime d’une victime immolée pour sa nation. Son offrande au Roi nouveau-né fut l’offrande du sang ; et il échangea la couronne périssable pour cette autre couronne dont l’Église orne le front de ses martyrs, et qui ne se fane jamais. Les annales du Danemark, au onzième siècle, sont peu familières à la plupart des habitants de la terre ; mais l’honneur qu’a eu cette contrée de posséder un Roi martyr est connu dans toute l’étendue de l’Église, et l’Église habite le monde entier. Cette puissance de l’Épouse de Jésus-Christ pour honorer le nom et les mérites des serviteurs et des amis de Dieu, est un des plus grands spectacles qui soient sous le ciel ; car les noms qu’elle proclame deviennent immortels chez les hommes, qu’ils aient été portés par des rois, ou qu’ils n’aient servi qu’à distinguer les derniers de ses enfants.

Nous lirons maintenant la vie du saint Roi dans le récit que présentèrent longtemps les Leçons de son Office.

Canut IV, fils de Suénon Esthritius, roi de Danemark, fut illustre par sa foi, sa piété et la pureté de ses mœurs ; et, dès ses plus tendres années, il donna des marques d’une excellente sainteté. Ayant pris le sceptre de ses pères aux acclamations de tout son peuple, il s’employa avec ardeur aux progrès de la religion ; il augmenta les revenus des églises, et les enrichit de meubles précieux. Embrasé de zèle pour la propagation de la foi, il attaqua, mais par une guerre juste, les peuples barbares, et, les ayant vaincus et domptés, il les soumit à la loi chrétienne. Devenu glorieux par un grand nombre de victoires, et plus opulent que jamais, il déposa son diadème royal aux pieds du Christ crucifié, soumettant ainsi sa personne et son royaume à Celui qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Il châtiait son corps par les jeûnes, les cilices et les disciplines. Assidu à la prière et à la contemplation, prodigue envers les pauvres, bienfaisant pour tous, jamais il ne s’écarta du sentier de la justice et de la loi divine.

Par la pratique de ces vertus et de beaucoup d’autres, le saint roi marchait à grands pas vers le sommet de la perfection. Or, il arriva que Guillaume, duc de Normandie, ayant envahi l’Angleterre avec une armée formidable, les Anglais implorèrent l’aide des Danois. Canut, ayant résolu de venir à leur secours, confia l’expédition à son frère Olaus. Celui-ci, poussé du désir de régner, tourna ses armes contre le roi, après avoir excité contre lui les soldats et le peuple. Il ne manqua pas de prétextes pour fomenter la rébellion ; car le roi ayant publié des lois pour obliger ses sujets de payer les dîmes aux églises, et de garder les préceptes de Dieu et de l’Église, et porté des peines contre les transgresseurs, un grand nombre d’hommes pervers et criminels murmurèrent d’abord, puis soulevèrent le peuple, et tramèrent enfin la mort du saint roi.

Canut, sachant, par la connaissance qu’il avait de l’avenir, qu’il devait bientôt mourir pour la justice, ayant même prédit le jour de son trépas, se rendit à l’église de saint Alban, Martyr, à Odensée, comme au lieu destiné pour son combat, et, s’étant muni des sacrements, il recommanda sa fin au Seigneur. Bientôt la multitude des conjurés arriva ; ils s’efforcèrent de mettre le feu à l’église, d’en briser les portes et de l’envahir. Mais, n’en ayant pu venir à bout, ils s’approchèrent des fenêtres et ne cessèrent de lancer, avec acharnement, des cailloux et des flèches sur le saint Roi, qui priait, à genoux, pour ses ennemis. Accablé sous les pierres et sous les dards, et percé enfin d’une lance, il tomba, les bras étendus, devant l’autel, et reçut la couronne d’un glorieux martyre, au temps où Grégoire VII occupait le trône apostolique. Dieu illustra bientôt son martyr par de nombreux miracles ; car le Danemark fut puni de ce meurtre sacrilège par une grande famine, et par diverses calamités. Beaucoup de personnes tourmentées de diverses maladies reçurent la guérison et la santé au tombeau du saint Roi. Une nuit que la Reine voulut enlever secrètement son corps pour le transporter ailleurs, il parut du ciel tout à coup une grande splendeur qui l’épouvanta, et lui fit abandonner son entreprise.

Le Soleil de justice s’était déjà levé sur votre contrée, ô saint Roi, et tout votre bonheur était de voir ses rayons illuminer votre peuple. Comme les Mages de l’Orient, vous aimiez à déposer votre couronne aux pieds de l’Emmanuel ; et, un jour, vous avez offert jusqu’à votre vie pour son service et pour celui de son Église. Mais votre peuple n’était pas digne de vous ; il répandit votre sang, comme l’ingrat Israël versera le sang du Juste qui nous est né, et dont nous honorons, en ces jours, l’aimable enfance. Cette mort violente que vous avez rendue profitable à votre peuple, en l’offrant pour ses péchés, offrez-la encore pour le royaume que vous avez illustré. Depuis longtemps, le Danemark a oublié la vraie foi ; priez, afin qu’il la recouvre bientôt. Obtenez pour les princes qui gouvernent les Etats chrétiens, la fidélité à leurs devoirs, le zèle de la justice, et le respect de la liberté de l’Église. Demandez aussi pour nous au divin Enfant le dévouement dont vous étiez animé pour sa gloire ; et si nous n’avons pas, comme vous, une couronne à mettre à ses pieds, aidez-nous à lui soumettre nos cœurs.

saint-canut

Autre Biographie :

Knut est le fils de Sven II. Sous le règne de son frère, il envisage d’attaquer l’Angleterre et noue une alliance avec le Robert le Frison comte de Flandre lui aussi brouillé avec les rois anglais. Il succède, en 1080, à son frère Harald III de Danemark, fait régner l’ordre dans ses États, repousse les Prussiens, extermine les pirates pousse jusqu’en Courlande mais il ménage l’église qu’il comble de dons celle de Lund (Suède) en particulier et impose la dîme à ses sujets réticents.

En 1085 en accord avec le roi Olaf Kyrre de Norvège et son beau-père Robert le Frisson, il prépare un débarquement sur les côtes d’Angleterre. Pour ce faire il exige pour la flotte qu’il constitue dans le Limfjord le service armé du leding ce qui entraine une révolte en 1086, dans le nord du Jutland. Knut est tué avec son frère Benedikt et dix-sept hommes de sa Hird (en) le 10 juillet dans l’église Saint-Alban d’Odense, où il s’était réfugié. Sa veuve retourne en Flandre avec son fils Charles auprès de son père qui libère le demi-frère ennemi de Knut, Olaf, qu’il retenait en prison.

Knut est inhumé à Odense et l’on parla bientôt de miracles. Ses restes furent mis dans une châsse le Vendredi saint 1101 pour la vénération des fidèles.

Pour l’église catholique romaine, et selon le martyrologe romain, il est fêté le 10 juillet, date anniversaire de sa mort. D’autres sources l’indiquent fêté le 19 janvier.

De son union en 1080 avec Adèle de Flandre fille du comte Robert Ier de Flandre dit le Frison il eut :

  • Charles Ier de Flandre dit le Bon né en 1084 assassiné en 1127 ; Très populaire, Charles a été très vite considéré comme un martyr et un saint. Il est béatifié en 1883 par le pape Léon XIII. Patron des comtes et des croisés, intercesseur des miséreux, il était invoqué par les fiévreux qui devaient boire l’eau versée dans son crâne. Sa réputation fut telle que le siège impérial et le trône de Jérusalem lui avaient été tour à tour proposés. Mais il déclina ces deux offres, arguant qu’il préférait se consacrer au bonheur de ses sujets flamands. Il s’unit au roi de France, Louis VI le Gros, pour repousser l’empereur Henri V (1123).
  • Cécilia épouse d’Erik Jarl de Falster, grand parents des princes Knud et Karl Karlsen ;
  • Ingegerd épouse du suédois Folke le Gros, ancêtre de la lignée des Folkungar.

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