5 février : Saint BERTULPHE (ou ‘Bertulfe’, ‘Berton’, ‘Bertoul’, ‘Berthold’ en teuton) + 705 , intendant du comte mérovingien Wambert de Renty (de la famille des ancêtres des Robertiens/Capétiens/Popponides); disciple de Saint-Omer apôtre des Morins; bénédictin, apôtre en ternois et audomarois, fondateur de l’abbaye de Renty.

Saint Bertulphe (ou ‘Bertulfe’, ‘Berton’, ‘Bertoul’, ‘Berthold’ en teuton), né en Allemagne du sud au VIIe siècle et décédé le 5 février 705 à Renty (France) était un prêtre devenu moine et fondateur de l’Abbaye de Renty. Liturgiquement il est commémoré (localement) le 5 février.

saint bertulphe.jpgUne nuit que Bertulphe gardait les chevaux de son maître le comte Wambert, en une prairie avec quelques autres, il fut trouvé lisant dans un livre environné d’une grande lumière, avec un aigle qui, de ses ailes, lui couvrait la tête pour le préserver de la pluie, d’autant qu’il faisait un grand orage. Ce que le comte ayant lui même vu, il reconnut que ce saint jeune homme avait en lui quelque chose de divin, ce fut pourquoi il lui donna le monastère de Saint-Denis (Renty) et trois églises qu’il avait fait bâtir (dont l’une dédiée à Saint Pierre, l’autre à Saint Martin et la troisième à Saint Vedast ou Vaast), et Renty même avec toutes ses dépendances.

Résumé de sa vie :

Bertulphe est né de parents païens en Pannonie (Autriche actuelle). Encore jeune, au temps du roi Dagobert II (LE ROI SAINT DAGOBERT d’OSTRASIE), il émigre dans les Flandres. (NB : Le royaume d’Austrasie ou d’Oste-rik s’étendait jusqu’aux prémices de la Saxe, jusqu’à la  Thuringe, jusqu’aux sources du Rhin en Alémanie et le long du Danube en Bavière jusqu’aux prémices de la Pannonie. Il y avait par ailleurs à ce moment des liens de vassalité avec les peuplades saxonnes, slaves et allamandes le long des marches orientales).

img-saint-dagobertRoi Saint Dagobert d’Austrasie ou d’Ostrasie (Osta-rick ou Oste-rik)

Sous l’influence de Audomar (Saint Omer), évêque de Thérouanne, il se convertit au christianisme et demande le baptême. Plus tard il reçoit l’ordination sacerdotale du même Saint-Omer.

Une amitié se développe avec le comte Wambert de Renty (de la famille des ancêtres des Robertiens/Capétiens/Popponides) et sa femme Homburge. La sœur du comte Wambert est la sainte patronne de Bauvais, sainte Angadrême.

église_Notre-Dame_de_Marissel,_statue_de_sainte_Angadrème.jpgAngadrême de Renty († vers 695), disciple de saint Ouen de Rouen, première abbesse du couvent de l’Oroër (ou de l’Oratoire ou de Saint-Paul-les-Beauvais ou Sanctus Paulus Bellovacensis) en Picardie, construit par saint Évroult près de Beauvais ; fêtée principalement le 14 octobre et localement le 27 juin. Patronne de Beauvais, qu’elle sauva des Normands, par ses reliques, puis, bien plus tard des Bourguignons pendant le siège de 1472. Des jeunes filles de la ville portèrent sur les remparts sa châsse ou fierte vénérée, qui est devenue le palladium de la ville.

Bertulphe devient l’administrateur de leurs biens. Il est honnête, efficace et n’oublie pas de donner une part des revenus aux pauvres. Son influence croissante sur le comte ne manque pas de créer des jalousies, mais Wambert lui garde sa confiance.

A la suggestion de Bertulphe, Wambert construit quatre églises et entreprend même un pèlerinage à Rome avec sa femme. Son administrateur l’accompagne. Un incident grave durant le voyage, auquel échappe Bertulphe, convainc Wambert que son administrateur est protégé de Dieu. Sa confiance en lui augmente encore et il décide d’en faire son fils adoptif.

Lorsque Wambert et sa femme meurent, Bertulphe décide de fonder un monastère avec les biens qu’il reçoit en héritage. C’est l’abbaye de Renty, dont les moines continuent son œuvre d’évangélisation de la région du Pas-de-Calais. En 705 Bertulphe y meurt en odeur de sainteté.

Enterré dans son Abbaye de Renty, son corps, déjà objet de dévotion populaire, est transféré à Boulogne-sur-Mer en 898 lorsque les invasions des Normands font craindre une profanation de sa tombe. Ensuite ce sera Harelbeke, en Flandres. Et, enfin, ses restes (dans un précieux reliquaire) reposeront à l’abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin de Gand en 955 (abbaye fondée par Saint Amand). Reliquaire et ossements du saint sont définitivement perdus lorsque les iconoclastes (calvinistes) occupent et vandalisent l’abbaye (1578).

gent_sint-pieterskerkAbbaye Saint Pierre de Gand (fondée à l’origine par Saint Amand)

blason-abbaye-saint-pierre-de-gand

Blason de l’Abbaye Saint Pierre de Gand

Vie de Saint Bertulphe :

Fruges_vitrail-Saint-Bertulphe2.JPGA droite Saint Bertulphe quittant sa patrie, à gauche, Saint Bertulphe abbé de Renty (vitrail de l’église Saint Bertulphe de Fruges.

(dans : « Les vies des saints et des personnes d’une éminente piété, des diocèses de Cambrai et d’Arras, d’après leur circonscription ancienne et actuelle » par l’abbé C.-J. DESTOMBES, Chanoine honoraire de Cambrai, Supérieur de l’institution Saint-Jean à Douai.)

SAINT BERTULPHE ou BERTOUL,

Abbé de Renty, en Artois.

blason_ville_renty_pas-de-calais

Dieu trouve ses élus dans toutes les conditions. Sa grâce, qu’il ne refuse jamais à qui la demande avec un cœur droit, se manifeste quelquefois d’une manière sensible aux yeux des hommes; elle leur fait comprendre que sa providence vient toujours en aide à quiconque le cherche avec sincérité. La vie admirable de saint Bertulphe, vulgairement connu sous le  nom de saint Bertoul, nous donnera une nouvelle preuve de cette consolante vérité. Il  naquit dans la Germanie d’une famille encore livrée à toutes les superstitions de l’idolâtrie sous le règne de Saint Sigebert III d’Ostrasie en 645.

saint-sigisbertSaint Sigebert d’Austrasie ou d’Ostrasie (Osta-rick ou Oste-rick)saint patron de Nancy

Ses parents, sans être favorisés des biens de la fortune, jouissaient néanmoins d’une honnête aisance. Il ne paraît pas qu’ils en aient profité pour donner à leur fils la connaissance des lettres. La science d’ailleurs, ainsi que la civilisation, ne devaient pénétrer dans ce pays, comme dans les autres contrées, qu’à la suite des apôtres de l’évangile. Toutefois, si le jeune Bertoul fut privé de cet avantage, auquel il suppléera dans la suite, il eut du moins celui, bien plus précieux et plus désirable, d’acquérir la science souverainement nécessaire du salut et de parvenir à la connaissance de la vérité.

le-royaume-franc-639Empire franc à la mort de Dagobert 1er (époque de la naissance de Saint Bertulphe)

Les auteurs ne donnent point de détails sur cette conversion de saint Bertoul. Avait-il entendu la parole de quelqu’un des missionnaires qui commençaient à pénétrer dans ces contrées sauvages, ou bien plusieurs de ses compatriotes étaient-ils déjà convertis au christianisme ? C’est ce qu’il ne serait pas possible de déterminer. A s’en tenir aux termes de son biographe, il est plus probable que Dieu, pour le récompenser de la droiture de son cœur et du soin avec lequel il fuyait les désordres des jeunes gens de son âge, lui inspira la pensée d’aller habiter un autrepays (NDLR : comme Abraham). Le Seigneur donne encore tous les jours de semblables témoignages de la bonté paternelle avec laquelle il dirige l’homme dans les voies du salut, et le récompense, même en ce monde, de ses efforts vers le bien. Quoi qu’il en soit de ces opérations intérieures de la grâce dans l’âme de Bertoul, ce vertueux jeune homme quitta de bonne heure sa famille et sa patrie, et confiant son sort à la providence qui lui avait inspiré ce dessein, il se dirigea vers les contrées que baigne l’océan et arriva dans les environs de la ville de Thérouane.

Golfe_de_l'Aa.jpgLes cartes et écrits médiévaux placent Taruanna comme centre névralgique intellectuel, religieux, routier, administratif de l’ancienne région des Morins, romanisée, puis christianisée (copie d’une carte ancienne, exécutée au XVIIe siècle).

blason_therouanneBlason de Thérouanne.

La Morinie, à cette époque, avait déjà entendu la voix de saint Omer (ou Audomare), et même, si l’on considère que saint Bertoul était encore jeune quand il y arriva et qu’il ne mourut qu’en 705 dans sa soixantième année, il est permis de supposer que le pieux étranger fut témoin des travaux de cet illustre apôtre des Morins et de ses compagnons, saint Mommolin, saint Ebertramne et saint Bertin.

Ce dernier lui survivra même de quatre ans. Ces circonstances, rapprochées des faits connus de l’histoire religieuse de nos provinces au septième siècle, et des étonnants progrès qu’y faisait le christianisme, nous mettent sur la voie, sinon pour expliquer, au moins pour comprendre plus facilement les événements divers dont se compose la vie de saint Bertoul. Peut-être les données plus certaines sur son apparition au milieu des Morins feraient-elles connaître les incidents qui ont dû signaler sa conversion au christianisme et ses premiers rapports avec le noble comte Wambert.

Ce seigneur, qui n’avait point d’enfants, vivait avec son épouse Humburge dans la pratique des vertus chrétiennes. Animés de cette ferveur généreuse si ordinaire aux anciens barbares qui embrassaient la foi de Jésus-Christ, on les voyait s’employer avec un dévouement sans bornes au bien de la religion. Non contents de procurer aux pauvres et aux malheureux les secours que leur triste condition réclamait, ils faisaient encore construire des églises et des oratoires, dans lesquels le peuple venait entendre la parole de Dieu et participer aux sacrements. Saint Pierre, le prince des apôtres, saint Martin, l’apôtre des Gaules, saint Vaast, le pasteur des églises d’Arras et de Cambrai, avaient déjà chacun une église placée sous leur patronage. Une autre s’élevait aussi dans les terres que le noble leude possédait à Renty, sur les rives de l’Aa, et il la consacrait à Dieu sous la protection du martyr saint Denis! C’est vers cette maison, où tout respirait la foi et la piété, que Dieu dirigea les pas du vertueux Bértoul, après qu’il eût reçu, des mains de quelque disciple de saint Omer (NDLR : ou de Saint Omer lui-même), le baptême après lequel il soupirait avec ardeur.

Saint_omer.jpgSaint Omer ou Audomar : le roi Dagobert Ier le nomma évêque de Noyon-Tournai (627-640)  puis évêque de Thérouanne (actuellement dans le département du Pas-de-Calais). Audomar avait pour mission de résider dans son diocèse, de célébrer les grandes fêtes pastorales et de prêcher auprès des populations. Les Morins, dont les Vandales et Suèves ont envahi la région au Ve siècle, étaient revenus au paganisme malgré l’évangélisation du IVe siècle  menée par Vitrice de Rouen et les régions côtières étaient devenues saxonnes. C’est près de Thérouanne qu’Audomar fonda un monastère où s’édifia la ville de Saint-Omer.

La renommée des vertus de Wambert et d’Humburge avait déjà attiré des infidèles à Dieu, « car, dit avec raison un ancien auteur, c’est chose facile, aux hommes d’une condition élevée, d’opérer, par l’exemple de leur piété et de leur religion, ce changement heureux dans les âmes. » C’est elle aussi qui détermina Bertoul à venir se présenter à eux pour obtenir la faveur d’entrer à leur service. Reçu avec une bonté paternelle, le fervent néophite se livra tout entier à la pratique des œuvres chrétiennes, et s’acquitta de ses devoirs avec une fidélité qui excitait l’admiration de tous.

Wambert surtout et sa pieuse épouse ne pouvaient assez admirer ce jeune serviteur et le dévouement qu’il leur témoignait. L’affection qu’ils ressentaient pour lui croissait de jour en jour, et leur confiance même devint telle à son égard, qu’ils l’établirent intendant de leur maison , et lui laissèrent la disposition et l’administration de tout ce qui leur appartenait. Le nouveau Joseph répondit aux intentions de ses maîtres. Il semblait que leurs biens, comme autrefois ceux de Putiphar, en Egypte, augmentassent chaque jour entre ses mains. Une bénédiction spéciale du ciel reposait visiblement sur leur maison. Les aumônes abondantes que faisait le charitable intendant ne diminuaient en rien leurs richesses, et une prospérité continue couronnait toutes leurs entreprises. Aussi, malgré les calomnies et les rapports mensongers de quelques hommes mal intentionnés, il ne fut jamais possible de diminuer dans le cœur de Wambert et de son épouse la confiance qu’ils avaient dans le sage et dévoué Bertoul.

Une vertu si éclatante ne pouvait, en effet, échapper aux traits de l’envie, et notre bienheureux, comme la plupart des saints, fut soumis à cette épreuve qui augmenta encore ses mérites. Sous prétexte de défendre les intérêts de leur maître, mais en réalité pour satisfaire leur jalousie contre celui qu’ils appelaient un étranger, quelques serviteurs abordèrent un jour Wambert, et, avec toutes les apparences du zèle , ils cherchèrent à lui rendre odieux son fidèle économe. « Considérez, lui disaient-ils, homme très prudent, considérez attentivement les biens qui sont à vous: voyez combien vous en avez perdus par les prodigalités de cet étranger. Faites attention à ce que vous lui confiez, comparez ce que vous possédiez autrefois avec ce que vous avez aujourd’hui. » Wambert prêta peu d’attention à ces rapports, dans lesquels il pouvait bien ne point reconnaître de mauvaise volonté, mais auxquels sa droiture naturelle et sa confiance en Bertoul refusaient d’ajouter foi. Ces serviteurs envieux ne se crurent point vaincus pour cela, et profitant de la présence de Wambert, un jour qu’ils voyaient passer devant lui le charitable intendant, ils renouvelèrent leurs accusations contre lui. « Au moins, en ce moment, maître très-sage, reconnaissez par vous-même si ce que nous vous disons de cet homme est vrai ou faux. Il est plutôt prodigue que libéral dans son administration, et il ne prend pas le soin convenable de vos intérêts. Pour preuve de la vérité de nos paroles, voyez-le, encore en ce moment, porter en fraude, à des étrangers, des biens qui vous appartiennent. »

carte-ouest-artoisArtois occidentale (16ème siècle) ; soulignés en noir : Renty et Fruges (aux sources de la Lys), plus au nord, la ville de Saint-Omer, à l’ouest, les ports d’Étaples (ancien Quentovic) et de Boulogne-sur-mer.

Dieu, pour donner un témoignage éclatant de l’innocence de son serviteur et confondre en même temps la malice de ses accusateurs, permit cette fois que Wambert se rendit à leurs désirs. Ce seigneur appela Bertoul et lui demanda avec simplicité ce qu’il portait. Le charitable économe tenait alors cachées sous sou manteau des nourritures qu’il allait distribuer aux pauvres de la contrée. Au même instant, par un effet de cette aimable providence qui ne dédaigne pas, pour récompenser ses serviteurs, de s’abaisser quelquefois jusqu’aux moindres détails de la vie, en accomplissant les plus grandes merveilles, il arriva que « Wambert ne trouva entre les mains de Bertoul qu’un peu d’eau et quelques morceaux de bois pour la chauffer. Ce spectacle confondit les calomniateurs et augmenta encore, dans l’esprit de Wambert, de son épouse et de beaucoup d’autres personnes qui l’apprirent, la haute opinion qu’ils avaient de sa vertu. Le noble leude ayant, à cette époque, entrepris avec Humburge , un pèlerinage à Rome, au tombeau des saints apôtres, confia l’administration de tous ses biens à Bertoul. Au retour de ce lointain voyage, il reconnut que ses affaires avaient été gérées avec autant de fidélité que de prudence. Tous ces événements réunis avaient inspiré à Wambert et à son épouse une affection vraiment paternelle pour lui. Plus d’une fois, dans leur pieuse curiosité, ils avaient cherché à connaître les voies admirables dont Dieu s’était servi pour approcher d’eux un homme si saint. Une fois surtout Wambert l’interrogea sur les motifs qui l’avaient porté à quitter son pays et à s’attacher à un maître inconnu.

« Mon âme, répondit le vertueux intendant, avait en horreur les idoles que je voyais adorer dans mon pays, et pour m’en éloigner je n’hésitai point à quitter patrie et famille, et à en chercher d’autres. Au terme de ma course, j’ai joui dans votre demeure du repos que je désirais…. J’ai rencontré dans ces lieux beaucoup d’adorateurs du vrai Dieu, et parmi eux je vous ai reconnu comme un homme dévoué au Seigneur, plein de bénignité pour le prochain; dès lors tout mon bonheur a été de vous servir et d’accomplir vos commandements. »

A partir de ce jour surtout, ces cœurs si chrétiens et si dévoués à Dieu s’unirent dans les liens de la plus étroite amitié, et Bertoul fut considéré par Wambert et Humburge comme leur fils bien-aimé. Ils le constituèrent héritier d’une partie de leurs biens, en particulier de la terre de Renty et de tout ce qui en dépendait. Cet acte précéda de peu de jours un dernier pèlerinage que voulurent faire encore ces pieux époux.

A leur retour, ils tombèrent malades dans le lieu appelé Falkenberg, aujourd’hui la ville de Fauquembergue, et y moururent saintement. Bertoul se mit en devoir de rendre à leur dépouille mortelle les honneurs de la sépulture, et il se consola d’une perte si sensible pour son cœur par la pensée du bonheur que Wambert et Humburge avaient mérité de trouver dans le ciel pour récompense de leurs œuvres.

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Blasons de Fauquembergue (Valkenberg), Thiembronne (Teenbronne) et Saint-Martin-d’Hardinghem

audincthun_eglise_wandonneÉglise Saint-Pierre de Wandonne à Audincthun (Odingten), dont la première construction remonte au comte Wambert. C’est ici que selon la légende, Lyonnel de Wandonne aurait emmuré l’épée de Sainte Jeanne d’Arc, après l’avoir récupéré.

Libre alors de suivre les désirs qui le portaient vers la solitude et l’état religieux, Bertoul fonda un monastère auprès de l’église de saint Denis, à Renty. En peu de temps, on y vit se présenter des hommes de toute condition qui demandaient à vivre sous sa conduite. Une admirable ferveur régnait dans cette communauté, et, comme plusieurs autres maisons, élevées déjà par des serviteurs de Dieu, elle commença à répandre dans la contrée la bonne odeur des vertus de Jésus-Christ. Tous les exercices de la vie monastique y étaient pratiqués avec fidélité, et la joie intérieure qui remplissait les âmes faisait surmonter sans peine les difficultés que ces nouveaux religieux devaient rencontrer dans un genre de vie si contraire à leurs habitudes. La seule présence de saint Bertoul était pour eux un puissant encouragement et une continuelle leçon que leur amour pour lui rendait encore plus profitable. Ce saint homme était, en effet, animé de toutes les dispositions intérieures qui font le religieux accompli, et sa qualité d’abbé, qui le mettait en rapport avec les malheureux , lui donnait une grande influence dans tout le pays.

« C’était un serviteur de Dieu consommé en toute vertu. Il subvenait avec joie aux nécessités des pauvres, donnant l’hospitalité à ceux qui n’avaient point d’asile, des vêtements à ceux qui étaient nus, des secours à tous ceux qui étaient dans le besoin. Il défendait aussi ceux que poursuivait la justice, compatissait aux peines des affligés, visitait les malades et donnait la sépulture aux morts. Assidu à la prière et aux veilles saintes, il vivait devant Dieu et devant les hommes avec cette continuelle fidélité et ce pieux dévouement qu’il enseignait aux autres. »

Le vénérable Bertoul avait atteint sa soixantième année, quand il fut attaqué de la maladie qui le conduisit au tombeau. Sous les yeux des nombreux disciples réunis autour de lui, il reçut le corps précieux du Sauveur; puis, leur adressant ses dernières recommandations, il appela sur eux et sur leurs successeurs toutes les bénédictions du ciel. Quelques moments après il mourut paisiblement, et entra, plein de mérites, dans la céleste patrie, après laquelle il soupirait depuis longtemps.

Cette mort précieuse arriva le cinquième jour de février 705. Son corps fut déposé dans un tombeau magnifique, que la piété des habitants fit construire dans l’église même de Saint-Denis, à Renty. Les fidèles s’y portèrent bientôt en foule pour réclamer dans le ciel la protection de celui qui s’était montré si charitable envers eux sur la terre. Les nombreuses guérisons qui s’y opéraient souvent, ne firent qu’augmenter cet empressement des pieux pèlerins.Ces reliques précieuses restèrent à Renty jusqu’en 898, époque où, à cause des invasions des barbares (vikings), Erkenger, seigneur de Renty et comte de Boulogne-sur-mer, les fit cacher dans cette dernière ville.

Enlevées plus tard par la sacrilège avidité d’un breton, elles furent rendues en 935 à Arnoul-le-Grand , marquis de Flandre. Vingt ans après (955) on les transportait à Harlebeck, sur la Lys, près de Courtrai; puis à Gand, dans le monastère de Blandinberg (abbaye Saint-Pierre de Gand, fondée par Saint-Amand). C’est là qu’elles reçurent les respects des fidèles jusqu’en 1576. Cette année, les calvinistes profanèrent le corps de saint Bertoul avec celui de plusieurs autres serviteurs de Dieu, et dispersèrent ses ossements vénérables. Et pour ajouter encore le vol à leur sacrilège impiété, ils enlevèrent les châsses précieuses dans lesquelles la piété des catholiques avait fait placer ces reliques.

D’après le moine qui a écrit sa vie, d’après Surius, Ferri de Locres, Malbranque et d’autres auteurs, saint Bertoul remplit dans son monastère de Renty les fonctions d’abbé, bien qu’il ne fût pas revêtu du caractère sacerdotal (NDLR : Sujet à controverse, d’autres disent qu’il aurait reçu le sacerdoce de Saint-Omer lui-même). Les habitants de Renty et ceux de Fruges, dont l’église est dédiée à ce saint patron , ont toujours conservé cette tradition. Molanus paraît être d’un autre avis : il appuie son opinion principalement sur l’absence du mot abbé qu’on ne trouve pas dans les actes , puis sur une peinture qui représente saint Bertoul avec le costume d’un simple religieux, et tenant à la main un bâton de voyage, pour marquer que, comme un nouvel Abraham, il avait quitté sa patrie et sa famille à la voix de Dieu qui l’appelait. Cette seconde raison est peu convaincante; la première ne repose que sur un mot qu’on ne lit pas dans les actes, mais qui est, disent les auteurs , suffisamment exprimé par les détails de la conduite de saint Bertoul dans son monastère, lesquels ne conviennent qu’à un abbé.

eglise-saint-bertulphe6Église Saint-Bertulphe de Fruges (construite par les architectes Alexandre Grigny et Clovis Normand)

Fruges-Interieur-Eglise-saint-Bertulphe.jpgCœur de l’Église Saint-Bertulphe de Fruges avec l’ancien maître-autel et l’ancien banc de communion.

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Blason de la ville de Fruges

eglise-saint-bertulphe2Grandes orgues de l’Église Saint-Bertulphe de Fruges.

FRUGES_Institution_Saint_Bertulphe_La_Chapelle.jpgAncienne chapelle de l’institution Saint-Bertulphe.

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Ancienne chapelle de l’institution Saint-Bertulphe.

Fruges - Institution St Bertulphe - 1912.jpgFruges : institution Saint-Bertulphe devenue aujourd’hui école primaire Sainte Jeanne d’Arc, collège Saint-Bertulphe et lycée professionnel Sainte-Marie.

L’esprit de charité et d’amour pour les pauvres , qui avait été une des vertus les plus chères à saint Bertoul, se conserva précieusement parmi ses disciples et ceux qui leur succédèrent. On rapporte que chaque année , au jour anniversaire de sa mort, on distribuait, à la porte de l’église de Saint Vaast à Renty, au moins mille pains aux indigents qui se présentaient. Cette pieuse coutume se conserva jusqu’à l’époque de la révolution.

C’est à la religion seule qu’il appartient de former des serviteurs accomplis comme saint Bertoul. N’ayant d’autre but que celui de plaire à Dieu et d’accomplir ses volontés, ils s’acquittent fidèlement de tous leurs devoirs, servent leurs maîtres avec probité, affection et dévouement, supportent avec une tranquille résignation les peines et les fatigues de leur état et acquièrent chaque jour, par cette conduite chrétienne, un trésor de mérites. Aussi, la Sainte Écriture fait-elle en plusieurs endroits l’éloge du serviteur fidèle.

« Qu’il vous soit cher , dit-elle aux maîtres; cher comme votre vie, comme votre âme; traitez-le comme votre frère, et ne le laissez point dans la pauvreté. »

Que la condition des maîtres et des serviteurs serait agréable et méritoire pour le ciel, s’ils avaient tous dans le cœur ces sentiments que la religion inspire et commande!

(Acta SS. Belgii, T. v., p. 470. — Légendaire de Morinie, p. 35).

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AUX SOURCES DE LA LYS : HISTOIRE DE LA VILLE DE FRUGES EN RAPPORT AVEC LA DÉVOTION À SAINT BERTULPHE :

FRUGES.

Frugae, Frugas. STATISTIQUE. — Fruges, petite ville et chef-lieu de canton du Pas-de-Calais, à égale distance d’Arras et de Boulogne, est d’un aspect agréable et vraiment pittoresque. La Traxène, rivière qui Prend sa source à l’une de ses extrémités, et se jette dans la Lys à Lugy, la traverse de l’Ouest à l’Est, et devient immédiatement assez considérable pour alimenter trois moulins dans son parc0urs sur le territoire. Elle est bâtie en amphithéâtre entre deux chaînes de collines autrefois couvertes de bois, qui semblent s’incliner vers l’église construite au fond de la vallée. La voie du Septemvium à Saint-Pol traversait son territoire. Aujourd’hui quatre routes la divisent d’une manière régulière et la mettent en communication facile avec toutes les villes du département.

photo-fruges5.jpg

Sa place, trop  vaste peut-être, est couronnée par l’Hôtel de Ville et ceinte de maisons qui se renouvellent et s’embellissent chaque jour. ses rues s’améliorent et rendent les courses moins pénibles que par le passé. Fruges a plusieurs hameaux, Le Marais, Le FortDuriez, Le Barleu, Herbecques, Lœillette et Gourgueson. Les habitants, au nombre d’environ trois mille (2980. Recensement de 1872), vivent la plupart de leur industrie; mais si l’on n’y voit pas de grandes fortunes, on n’y rencontre aussi que très-peu de pauvres, parce que tous aiment le travail et s’ingénient à trouver les ressources nécessaires à la vie avec une merveilleuse activité. Fruges avait autrefois une maladrerie pour les pauvres du Marais. On en réunit les revenus à ceux de l’hôpital de Fauquembergues, à la condition que deux lits seraient destinés aux pauvres du Marais. L’hôpital de Fauquembergues fut à son tour supprimé. Il y avait à Fruges, il y a soixante ans, un commerce de laine fort prospère ; ses serges étaient les plus estimées du pays ; il occupait un bon nombre de fileuses dans son enceinte et au-dehors ; toutes les rues et même les villages des alentours retentissaient du bruit des métiers à bas, tandis qu’on voyait dans plusieurs maisons des ateliers de peigneurs. Les nouveaux engins ont fait disparaître ces moyens si lents de fabrication, et en même temps le genre d’industrie qui enrichissait la localité. Fruges avait aussi de nombreux ateliers de chaussures qui jouissaient d’une certaine réputation, et s’ouvraient des débouchés à l’étranger; mais le centre principal de cette autre industrie est aujourd’hui déplacé, bien qu’il en reste de précieux vestiges qui ne sont pas sans importance pour le pays. Il possédait encore plusieurs tanneries qui, pendant bien des années, ont donné d’excellents produits, mais qui sont maintenant presque entièrement abandonnées. Cette petite ville cependant est toujours très-commerçante : on y trouve une savonnerie, une teinturerie, une manufacture de pipes qui emploie une centaine d’ouvriers, une fabrique d’instruments aratoires qui furent primés dans plusieurs concours, de riches magasins de vins et de liqueurs, de draperies, de rouenneries, de nouveautés, d’épiceries et de ferronneries. Ses deux foires sont très-renommées dans le département et les départements voisins pour le nombre et la qualité des bestiaux qu’on y amène.

Fruges eut une poste aux lettres à l’origine des établissements de ce genre. Il a, depuis un an, un bureau télégraphique ; il avait eu autrefois une poste aux chevaux.

Au moment de la Révolution française, la population fut saisie d’un mouvement belliqueux; beaucoup de jeunes gens embrassèrent la carrière militaire et parvinrent à des grades honorables. On vit parmi eux des officiers distingués, des capitaines, des chefs de bataillon et même un général de division, qui mourut sous la Restauration, gouverneur de Lille. C’était le fils du bailly Dufour.

Il y a dans la commune des éléments de succès pour l’instruction primaire. Outre les religieuses de la Providence de Rouen qui dirigent l’école communale des filles et un pensionnat de jeunes demoiselles, une école laïque reçoit également des pensionnaires et des externes. L’école communale des garçons est tenue par quatre ou cinq Frères de Marie, et près d’elle se trouve un établissement présidé par un père de famille recommandable à tous égards.

ORIGINES DE FRUGES. — Les origines de Fruges (Certains amateurs d’étymologies disent que Fruges vient du mot Fruits, parce que la contrée était fertile, terra frugifera.) comme celles d’une foule de localités plus ou moins importantes, ne reposent sur aucune donnée historique certaine.

Selon Surius, Bollandus et l’intéressant Pouillé du diocèse de Boulogne cette ville se nommait autrefois Frugae. M. Harbaville (Mémorial historique du Pas-de-Calais.) d’après Malbrancq (De Morinis, t. Il.) la nomme Frugae ou Frugas.

On lit dans le même auteur que Fruges existait en 639 et qu’à cette époque reculée, saint Elerius, ermiteBretonarrivé par la mers’y retira dans un ermitage, et y bâtit un oratoire. Surius, dans la vie de sainte Wénéfride, dit que ce saint effrayé de voir une foule de monde assiéger sa solitude, quitta cette retraite pour aller en Angleterre chercher un lieu plus désert. Si l’on admet cette tradition recueillie par Malbrancq et par Surius, on peut penser que déjà l’Évangile était prêché dans cette contrée et que les habitants, en partie du moins, avaient embrassé le christianisme, puisque non-seulement ils toléraient les prédications, mais permettaient aux prédicateurs eux-mêmes de se fixer au milieu d’eux, et d’y construire un lieu de prières.

Cette situation religieuse du pays prouve que Fruges existait depuis longtemps déjà.

Cette conjecture devient plus vraisemblable, lorsqu’on considère que l’apostolat de Saint Bertulphe, à Fruges, est un fait appuyé sur des monuments dignes d’un véritable intérêt.

Bertoul ou Berthoul (Bertulphe) naquit en Allemagne, sous le règne de Sigeberg III (saint), roi des francs et roi d’Austrasie, vers l’an 645, selon le savant hagiographe Surius qui vivait il y a plus de trois siècles, et qui écrivait sur des manuscrits très-anciens qu’il croit contemporains du glorieux apôtre dont il retrace la vie.

saint-sigisbertSaint Sigebert d’Austrasie ou d’Ostrasie (Osta-rick ou Oste-rick)saint patron de Nancy

Le berceau de Bertulphe fut placé au sein du paganisme; mais poussé par un mouvement intérieur de la grâce, il quitta sa famille et son pays natal et ne s’arrêta qu’à l’extrêmité de la Gaule-Belgique, sur un des points du diocèse de Thérouanne dont saint Omer était alors évêque.

L’Esprit-Saint qui dirigeait ses pas, le conduisit sur le territoire de Renty, où il entra en rapport avec le comte Wambert, homme aussi distingué par sa foi que par ses richesses. Ce seigneur, découvrant bientôt le mérite de cet étranger, lui confia l’administration de ses biens et mit en lui toute sa confiance. De son côté, Bertulphe, touché des hautes vertus du comte et de l’angélique piété de son auguste épouse, voulut embrasser la religion chrétienne, et reçut le baptême avec un sentiment d’inexprimable bonheur.

Devenu possesseur d’un vaste domaine que le comte Wambert et son épouse lui avaient légué, Bertulphe y fit construire un monastère où il s’enferma avec quelques religieux auxquels il avait inspiré le mépris du monde et le désir de la perfection chrétienne.

Saint Omer informé de sa sainteté voulut qu’il fît partie de son clergé et lui conféra la prêtrise. (Voir le propre des Saints du diocèse, V février) Notre saint trouva dans cette dignité le moyen d’étendre au-delà des limites du monastère son zèle pour le salut des âmes.

Des traditions anciennes aussi bien que l’auteur de sa vie, le signalent comme l’apôtre des localités voisines de RENTY et de FRUGES en particulier.

Cette opinion était celle des enfants de saint Bertulphe (NDLR : enfants spirituels bien-sûr) qui, dans les temps les plus reculés, vinrent sur les traces de leur bienheureux fondateur, évangéliser ces populations qu’il avait gagnées à Jésus-Christ.

Jusqu’au moment de la Révolution, ces religieux donnaient à la paroisse une mission chaque année. Ils la desservaient même, lorsque la cure était vacante par la mort ou la maladie du titulaire. Ce fait, à l’abri de tout doute, constate les liens qui unissaient FRUGES à l’abbaye de RENTY.

Aussi cette ville a toujours honoré saint Bertulphe comme son patron et célébré sa fête avec une grande solennité.

A cette occasion plusieurs de ses notables habitants, en souvenir de la charité du saint abbé, font une quête dans toutes les maisons de la paroisse et distribuent du pain aux pauvres. Cet usage immémorial s’est conservé jusqu’à nos jours, et c’est peut-être la seule localité où il existe encore, à l’exception de Renty.

On sait que sa mémoire chérie, dit M. de Laplane (Voir Renty, par M. de Laplane, pag. 8.), avait consacré chez les seigneurs du pays l’usage de distribuer chaque année un millier de pains aux pauvres de la paroisse de Saint-Vaast à Renty.

Il existait à Fruges, il y a peu d’années encore, une fontaine qui a toujours porté le nom de saint Bertulphe, parce que d’après une très-ancienne tradition, cet apôtre avait coutume d’y puiser de l’eau, lorsqu’il venait prêcher l’Évangile.

fontaine chanquille ou fontaine Saint-Bertulphe3.jpgLa fontaine Chanquille (sans quille de pompage), prise du 10 rue du SAINT-ESPRIT, très certainement la fameuse fontaine Saint BERTULPHE (dont la révolution aurait effacée le vrai nom).

On voit dans Malbrancq (T. ll de Morinis, anno 680.) qu’un riche et puissant habitant de la ville fit construire une église en l’honneur et sous le patronage du saint, immédiatement après sa mort, arrivée l’an 705.

Enfin, voici ce qu’on lit dans le Pouillé de Boulogne dont il a été question plus haut : « Saint Berthoult est aussi patron de quelques églises paroissiales de ce diocèse, particulièrement de celle de Fruges, d’où Bollandus dit avoir tiré un fort ancien légendaire de sa vie (Acta feb. T. I pag. 677) »

Cet ancien manuscrit conservé à Fruges, et dans lequel Bollandus a trouvé les faits relatifs à la vie de saint Bertulphe est un nouveau témoignage en faveur du sentiment qui donne à Fruges une haute antiquité.

HISTOIRE.Depuis le commencement du VIII° siècle jusqu’au XII°, c’est-à-dire pendant une période de 450 ans, le nom de cette ville ne se rencontre dans aucun chroniqueur du pays, ni dans l’histoire générale. Deux ecclésiastiques nés à Fruges figurent dans le grand cart. de Dommartin (fo 71-338 et 39l.) On y lit: Adam de Fruges, chanoine de Dommartin, témoin de Chartes de ll56 à ll70; et Hugues II, neuvième abbé de Dommartin, de 1243 à 1254 naquit à Fruges.

En 1254 Willaume de Fruges, Écuyer, fit partie d’un détachement de l’armée de Marguerite, comtesse de Flandre, qui sous les ordres du sire de Lisque, réduisit en cendre le bourg d’Oisy. Ce détachement, dit M. Harbaville, était composé de 136 hommes d’armes dont 25 chevaliers et lll écuyers. Le nom de ces guerriers est conservé dans un manuscrit qui appartenait à M. le baron de Hauteclocque et qui en a permis la reproduction dans le Puits artésien (tom. II).

Philippe de Valois, en allant au secours de Calais, en 1347, traversa Fruges et signa, dans le château, une ordonnance qui intéresse la commune d’Abbeville. Ce château, situé dans un vaste enclos, le long de la Traxène, fut plusieurs fois détruit dans les guerres qui ont ruiné le pays, et il n’en reste aucun vestige.

L’endroit qu’il occupait porte encore aujourd’hui le nom de jardin du château. En 1355, les Anglais vinrent camper à Blangy, ils y attendirent dix jours le roi Jean qui n’y vint pas, parce que ses chevaliers n’étaient pas réunis. En se retirant, ils pillèrent et brûlèrent Fruges, puis Fauquembergues, etc., et rentrèrent dans Calais.

Le roi Jean vint à Saint-Omer, et fâché d’avoir manqué l’occasion de combattre, il envoya à Calais, Boucicault, Arnoul d’Audinghem et Enguerrand de Parenty provoquer Édouard à combattre où il lui semblerait.

Fruges fut ravagé par l’armée anglaise en 14l5, après la funeste bataille d’Azincourt, dont il n’est éloigné que de cinq kilomètres. Cette armée devait le traverser pour regagner la mer.

aux sources de la Lys2.jpg

Aux sources de la rivière Lys (se jette dans l’Escaut en Belgique à Gand), les communes de Lisbourg, Ruisseauville, Fruges, Coupelle-Vieille, Lugy et Verchin entre Lisbourg et Lugy; le tout au sud de Renty et Fauquembergue. AZINCOURT est à 4-5 km au sud de FRUGES.

eglise-saint-omer de verchin2.jpgÉglise Saint-Omer de Verchin au clocher tordu, à côté de Fruges, près de la Lys.

eglise-saint-omer de verchin4.jpgIntérieur de l’Eglise Saint-Omer de Verchin

Le 8 du mois d’août 1554, disent les historiens, au départ de Frévent et de Cercamp, le lieutenant du roi traversa le comté de Saint-Pol, laissant à gauche Hesdin, à droite Thérouanne et vint le lendemain camper à Fruges, d’où le jour même il somma Renty de se rendre.

Cette ville eut beaucoup à souffrir pendant le mémorable siége de ce château; et plus tard, en 1595, elle fut en partie détruite par l’armée française (Voir Mézerai, Garnier, Dom de Vienne, Hennebert, etc.).

Un fait rapporté par le P. Ignace, dans ses mémoires, à la date de 1628 mérite d’être signalé. Le vicomte de Fruges, dont il ne dit pas le nom, mais qui, selon lui, était entré dans l’ordre des Capucins, qu’il dut quitter par suite de sa mauvaise conduite, fut enfermé, à la demande de ses parents, dans la forteresse de Calais où se trouvait un jeune homme nommé le Parc, fils du capitaine du port de cette ville. Le Parc, jeune libertin d’un caractère inquiet et ardent, avait formé le projet de livrer Calais aux Anglais. Croyant avoir rencontré dans le vicomte de Fruges un homme capable de le seconder, il s’ouvrit à lui et lui fit part de son plan. Le vicomte, malgré sa vie de désordres, eut horreur d’une pareille trahison. Non-seulement il refusa d’entrer dans le complot,mais il le découvrit au gouverneur de la ville qui prit les moyens de s’assurer de la vérité de la révélation,et en avertit immédiatement la cour. On envoya à Calais le duc d’Elbeuf qui, après avoir acquis la certitude complète de la culpabilité de le Parc, le fit rompre vif. Le chroniqueur ajoute qu’on ne sait pas si le vicomte fut récompensé de sa belle action.. On ignore également ce qu’il devint depuis.

Ces quelques faits sont les seuls que l’histoire ait conservés dans le cours des siècles.

ARCHÉOLOGIE. — Il y a quelques années, en creusant les fondations d’une maison située en face de l’église, on découvrit plusieurs tombeaux gallo-romains en pierre blanche du pays qu’on n’a pas conservés. Cette trouvaille s’explique facilement, Fruges étant placé sur la voie romaine de Maninghem à Saint-Pol (NDLR : on a découvert à la fin du 20ème siècle des tombes mérovingiennes également) .

Vers 1830, on signala dans une maison de la rue de Saint-Omer une source d’eau minérale et ferrugineuse dont l’analyse fut confiée d’abord aux médecins et aux pharmaciens de la localité ; puis, on les soumit à l’examen d’hommes spéciaux de Paris; mais on ne connut jamais les résultats de ces dernières études. Plusieurs personnes prétendent avoir obtenu d’heureux effets de l’usage des eaux de cette source qui continue de couler en certain temps de l’année.

Fruges était du diocèse de Thérouanne qui s’étendait jusqu’au delà de la Canche, selon Malbrancq. Après la destruction de cette ville par Charles-Quint, en 1553, et le rétablissement de l’évêché de Boulogne en 1559, il fit partie de ce dernier jusqu’au concordat de 1801, qui réunit les sièges de Boulogne et de Saint-Omer à celui d’Arras.

La nomination à la cure de Fruges appartenait autrefois aux Dames de l’abbaye d’Etrun qui y possédaient une maison seigneuriale, portant le nom de seigneurie des Dames d’Etrun. Cette maison existe encore, mais elle a subi plusieurs transformations. Elle avait une ferme, trois mesures de pâtures en enclos, vingt-cinq mesures de terre et un droit de dîme. L’évêque de Boulogne et le chapitre avaient aussi des seigneuries dans ce bourg. (Rôle des 20° 1757, archives du Pas-de-Calais.)

A ce titre de seigneurie étaient attachés certains privilèges dont les Dames jouissaient par leur bailli qui avait une place d’honneur à l’église. D’un autre côté, ce titre leur imposait des obligations qu’elles remplissaient, assure-t-on, avec un pieux empressement, en se montrant généreuses envers l’église.

Cette cure, comme on le voit dans le Pouillé du diocèse de Boulogne, était du doyenné de Bomy, au moment de la révolution du siècle dernier; elle avait de temps immémorial deux vicaires dont l’un portait le nom de vicaire de Coupelle-Neuve, petit village à deux kilomètres de Fruges, et l’autre desservait en particulier la chapelle du hameau d’Herbecques.

Coupelle-Neuve fut érigé en succursale à la suite du concordat de 180l, et la chapelle d’Herbecques a disparu du sol. Aussi, il n’y a plus qu’un vicaire à Fruges depuis la réouverture des églises.

Il serait difficile de déterminer d’une manière précise l’époque de la construction de l’ancienne église de cette paroisse. Une date formée par les clefs en fer d’une charpente de la tour ne saurait nous renseigner à cet égard, puisqu’elle lui donnait à peine deux cents ans. L’état dans lequel elle se trouvait ne permet pas de la croire d’une origine aussi moderne. Les contreforts et même les murs de la tour et de la nef avaient nécessité des restaurations considérables. Les ornements sculptés en plein bloc au grand et au petit portail, ainsi qu’aux pinacles des contreforts étaient tellement frustes qu’on n’en apercevait plus les dessins. Les pierres des tympans étaient rongées aux côtés sud et sud-ouest du mur de la tour et de la nef ; les moulures avaient en grande partie disparu. On ne peut admettre que de pareils ravages soient l’œuvre de moins de deux cents ans, à moins que la pierre n’ait été de très-mauvaise qualité. On devrait plutôt assigner à cette construction le milieu, si non le commencement du XVI° siècle.

La tour, comme presque toutes celles de cette époque, était établie sur un carré mesurant plus de sept mètres de côté, et surmontée d’une flèche en bois très-élevée. Il n’y avait qu’une seule nef dont les immenses fenêtres ogivales n’avaient pas de parallélisme, ni les mêmes dimensions. La voûte en planches affectait la forme d’une anse de panier ; le chœur qui avait des fenêtres en plein cintre, était une chétive construction dont les basses murailles et le toit posé sur deux fermes accusaient plutôt une grange qu’une église. Ajoutez au point de jonction de la nef et du chœur deux chapelles, l’une en briques servant de sacristie, l’autre en briques et pierres, dite de la confrérie du Saint-Sacrement, et vous avez l’idée de l’ancienne église de Fruges.

On lit dans un manuscrit de la bibliothèque de M. le marquis d’Havrincourt : « En 1616, à la maîtresse verrière du chœur, était peint un seigneur et une dame, vestu de cotte et manteau d’armes de la maison de Dubois, de Fiennes et de Longueval. En bas, on voyait les écussons des familles de Fiennes et de Longueval. »

La tradition constate que, dès 1600, il y avait trois cloches dans la tour. Ces trois cloches, par suite de causes que les anciens registres ne mentionnent pas furent refondues en 169l et en 1730. L’une d’elles était destinée à la chapelle d’Herbecques. On lit dans ces registres qu’en 1733 eut lieu la bénédiction de la petite cloche de Fruges, et le 23 juillet 1747, la bénédiction de la grosse cloche, à laquelle on donna le nom de Bertulphine-Robertine. On voit dans le choix du nom de la cloche principale la vénération des habitants pour leur patron saint Bertulphe. Cette cloche est la seule qui reste, les deux autres ayant été brisées en 179l. Elle pèse 2,700 livres et son timbre est à la fois solennel et agréable. Il y a plusieurs années, le battant lui fit une brèche qui nécessita le changement du balancement. Cette opération n’altéra pas sa sonorité.

On trouve dans les archives un fait que M. Evrard, alors curé de Fruges, rapporte en ces termes :

« Le 2 avril 1742, jour de Pâques, le tonnerre tomba sur l’église de Fruges pendant la Sainte Messe, le Saint Sacrement étant exposé; le peuple eut tant de confiance en Notre-Seigneur, qu’il préserva tout le monde, et que pas un ne fut offensé, quoique la foudre tombât au milieu de la foule, pendant la communion du prêtre. »

En dehors de l’église que nous venons de décrire, il y avait dans la paroisse deux chapelles dans lesquelles on célébrait la Sainte Messe; celle d’Herbecques qui est détruite et celle du Saint-Esprit qui existe encore.

La population a toujours témoigné un vif empressement à aller adorer le Saint-Esprit dans ce petit oratoire.

La foule s’y porte pendant la neuvaine de la Pentecôte où la messe y est célébrée chaque jour.

NB : La rue du Saint-Esprit doit son nom à la chapelle édifiée entre les n° 56 et 58, par Nicolas Corsaux en 1773. Cette chapelle est un ex-voto au Saint-Esprit qui l’aurait inspiré de prendre un chemin inhabituel pour se rendre à Saint-Omer porter une forte somme d’argent à ses fournisseurs. Ses détrousseurs présumés attaquèrent une autre personne. Ceux-ci se rendant compte de leur méprise la relâchèrent. C’est elle qui mit Nicolas Corsaux au courant du grand danger auquel il avait échappé.

ruines de la chapelle du Saint-Esprit.pngVoilà ce qui reste aujourd’hui de cette chapelle dédiée en ex-voto au Saint-Esprit, pour lequel les vrais catholiques frugeois avaient acquis une si grande dévotion; ce même Saint-Esprit qui avait conduit les pas de Saint-Bertulphe de la Pannonie Germanique jusqu’en Morinie.

Il y avait à Fruges, avant la révolution, deux presbytères appelés l’un majeur, destiné au curé, l’autre mineur, ou résidait le vicaire. La maison vicariale fut reconstruite, il y a deux ans, l’état de dégradation de celle du curé en exige la reconstruction. M. l’abbé du Tertre, de la noble famille des du Tertre du Boulonnais, en était curé en 1789.

Ce digne ecclésiastique, préférant l’exil à l’apostasie, quitta sa cure et la France, le 23 juin 1791, et mourut en pays étranger.

L’un de ses deux vicaires ne suivit pas ce bel exemple; il fit serment à la constitution civile du clergé, et fut nommé curé de la paroisse le 4 juillet, dix jours après le départ du titulaire. On lui donna pour vicaires deux prêtres assermentés; mais tous trois disparurent bientôt, sans qu’on ait su ce qu’ils devinrent.

L’autre vicaire de M. du Tertre, s’appelait Régnier. Il n’émigra pas ; estimé des habitants qu’il édifiait depuis neuf ans par ses vertus sacerdotales, il voulut demeurer au milieu d’eux pour leur procurer les secours de la religion, au péril même de sa vie. Il rendit sous ce rapport des services signalés dans le pays, conjointement avec MM. Vilain, Défasque et Planchon, curé de Villeman, si connu par ses traits de courage.

Lorsque le curé et les deux vicaires intrus quittèrent la paroisse, l’église fut abandonnée et l’on put en emporter tout ce qu’on voulut ; aussi, le mobilier disparut, à l’exception des tables d’autel et d’un Christ placé au-dessus de l’arcade qui séparait la nef du chœur.

On y établit une fabrique de salpêtre ; en même temps elle servit de club, et la chaire de vérité devint une tribune d’où partaient les blasphèmes les plus atroces contre Dieu.

Au jour de la fête de la Raison, une jeune fille fut placée sur le maître-autel; puis montée sur un char de triomphe, elle parcourut les rues de la cité au milieu des applaudissements frénétiques des révolutionnaires.

En 1795, un prêtre assermenté, nommé Jorre, vint prendre possession de la cure. Comme il était agréable aux patriotes, parce qu’il avait fait le serment, on rapporta les objets qu’on avait enlevés de l’église, et l’intrus put célébrer les offices auxquels les révolutionnaires seuls assistaient. Cet état de choses dura jusqu’à 1801.

Pour compléter la monographie de Fruges, avant 1789, disons que ce vicomté relevait du château de St-Pol, que cette terre fut longtemps possédée par l’illustre maison de Fiennes, puis par M. le chevalier de Béthune, maréchal des camps et armées du roi, et par le comte de Sandelin. En 1780, elle devint la propriété de M. le Sergeant, seigneur de Radinghem, Mencas et Vincly (Voir Hennebert.).

A la réorganisation des paroisses en 1802, Mgr de la Tour d’Auvergne, évêque d’Arras, forcé par le gouvernement de nommer aux cures de canton un tiers au moins de titulaires assermentés, maintint M. Jorre dans la sienne, après avoir reçu sa rétractation. Sa position devenait par là régulière et canonique ; cependant sa conduite passée n’était pas oubliée de ceux qui avaient le schisme en horreur, et qui, le voyant avec répugnance, ne fréquentaient pas l’église. Une division profonde régnait parmi les habitants, et le mal ne pouvait être réparé que par l’éloignement de celui qui en était la source. L’administration diocésaine et le gouvernement le comprirent. En février 1805 M. Jorre fut nommé curé d’Etaples, et M. Ballin, ancien vicaire de Boulogne, sous Mgr de Pressy, prêtre d’un grand mérite, alors curé d’Etaples, devint son successeur à Fruges, et fut accueilli avec bonheur par tous les vrais fidèles.

A son arrivée, M. Ballin s’occupa de la restauration de l’intérieur de l’églisele vandalisme révolutionnaire avait laissé des traces de son passage. Quant à l’extérieur, il fallait se contenter de réparer autant que possible les ravages du temps, jusqu’à ce que les circonstances permissent de construire une nouvelle église.

Aujourd’hui l’ancienne église est remplacée par un magnifique sanctuaire de style ogival du XIII° siècle, œuvre de l’immortel architecte d’Arras, M. Alexandre Grigny, qui mourut après la construction du chœur et du transept, laissant à M. Clovis Normand, architecte à Hesdin, le soin d’en continuer les travaux.

eglise saint-bertulphe22.jpg

La tour n’est pas achevée, on se propose de la terminer l’année prochaine. Cette église, longue de soixante-trois mètres et large de dix-sept,a trois nefs, un transept, un déambulatoire et une chapelle de la Vierge au chevet. Le chœur, à lui seul, a 33 mètres de longueur sur 22 mètres de largeur à la croix.

La chapelle de la Sainte-Vierge, dont les compartiments s’ouvrent sur le déambulatoire par trois grandes arches séparées par des colonnes de marbres monolithes, forment trois chapelles rayonnantes qu’on aperçoit de tous les points de l’édifice.

Le bel agencement des nervures de sa voûte, se reliant avec un art admirable à celles de l’ingénieuse voussure du pourtour et des deux autels collatéraux établis en quinconce, offre un coup d’œil charmant, et prouve avec quelle facilité M. Grigny savait vaincre les difficultés les plus sérieuses. Cette partie de l’église se fait remarquer par son élévation, son arcature légère, ses colonnes ornées de chapitaux variés dans leurs formes et d’une riche ciselure, par ses groupes de nervures reposant sur la tête des colonnes ou sur des culs-de-lampe habilement travaillés, par quinze petites rosaces à meneaux gracieux qui les enserrent dans leur partie supérieure avec les deux grandes rosaces placées au tympan des pignons du bras de croix, enfin par sa voûte aussi hardie qu’élégante.

eglise-saint-bertulphe21

Les trois nefs simples et grandioses à la fois offrent d’harmonieuses proportions, et sont heureusement terminées par la tribune de l’orgue et les deux chapelles qui accompagnent la tour. Toutes les fenêtre sont ornées de verrières à personnages, sauf les rosaces des bas-côtés où l’on voit d’agréables grisailles; ces verrières dont le velouté jette dans toute la construction une teinte mystérieuse qui porte au recueillement, sont assez diaphanes pour tamiser les rayons de la lumière à travers leurs brillantes couleurs, et donnent à l’ensemble du monument son cachet artistique et religieux.

eglise saint-bertulphe23.jpg

Imaginez combien elle devait être plus belle avec le maître-autel monumental, la chaire tout aussi monumentale, le banc de communion monumental, etc …

L’ameublement est conforme au style de l’église. Le maître-autel, avec pyramide et rétable, l’autel du chevet, ceux de la Vierge-Mère et de saint Joseph, sont en pierre de Creil et sortent des ateliers de M. Bouchez d’Arras, ainsi que la table de communion qui est Vraiment monumentale. La chaire de vérité et les stalles sont l’œuvre de M. Buisine, de Lille. Le 2 août 1869, M. le doyen de Fruges bénissait le chœur de cette église, l’une des plus belles du diocèse, et le 4 mai 1874, Mgr Lequette, évêque d’Arras, la consacrait.

Si l’on demande à l’aide de quelles ressources on élève ce beau monument qui vient de provoquer de consolantes démonstrations, on répondra que la ville s’est imposé de grands sacrifices, que l’État n’a pas voulu demeurer étranger à cette œuvre d’art et de religion ; mais que les cotisations volontaires et les dons inconnus ont fait une partie considérable de la dépense qui déjà sans doute atteint le chiffre de cent soixante-quinze mille francs. (NDLR : somme considérable pour l’époque).

Les grandes orgues :

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5 réflexions sur “5 février : Saint BERTULPHE (ou ‘Bertulfe’, ‘Berton’, ‘Bertoul’, ‘Berthold’ en teuton) + 705 , intendant du comte mérovingien Wambert de Renty (de la famille des ancêtres des Robertiens/Capétiens/Popponides); disciple de Saint-Omer apôtre des Morins; bénédictin, apôtre en ternois et audomarois, fondateur de l’abbaye de Renty.

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